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Les toitures représentent environ un tiers de la surface d’une ville vue du ciel.

Bonjour,

Voilà un chiffre que nous allons mettre en perspective dans ce nouvel épisode avec Sophie Rousset-Rouvière, déléguée générale de l’Adivet (prononcé l’Adivette), l’association française des toitures et façades végétales.

Sophie pilote, au quotidien, l’action de cette organisation avec l’objectif de faire reconnaître ces solutions multifonctionnelles.

Ce n’est pas la première fois que nous avons le plaisir de l’accueillir sur Daily Green, mais cette fois, ce sera autour d’une discussion de vive voix.

Voilà un chiffre que nous allons mettre en perspective dans ce nouvel épisode avec Sophie Rousset-Rouvière, déléguée générale de l’Adivet (prononcé l’Adivette), l’association française des toitures et façades végétales.

Sophie pilote, au quotidien, l’action de cette organisation avec l’objectif de faire reconnaître ces solutions multifonctionnelles.

Ce n’est pas la première fois que nous avons le plaisir de l’accueillir sur Daily Green, mais cette fois, ce sera autour d’une discussion de vive voix.

Avec Sophie, nous avons parlé de :

  • L’Adivet et comment elle rassemble toute la filière de la végétalisation,
  • des services écosystémiques des toitures et façades végétalisées,
  • des outils gratuits développés par l’association pour les collectivités et les porteurs de projets,
  • du retard français face à l’Allemagne ou à la Suisse,
  • du risque que représente la transposition de la directive européenne DPEB (Directive sur la Performance Énergétique des Bâtiments) pour la filière.

Bonne écoute !


D’un marché émergent à un collectif de filière

Dans les années 2000, la végétalisation extensive des toitures-terrasses arrivait d’Allemagne et cherchait encore sa place dans le droit français de la construction.
Et c’est pour lui faire une place que les acteurs du secteur ont fondé l’Adivet.

Fondée en 2002, l’association rassemble aujourd’hui toute la chaîne de valeur de la végétalisation du bâti : maîtres d’ouvrage, architectes, paysagistes, fournisseurs, installateurs, chercheurs et fédérations professionnelles.

Depuis, le périmètre de l’association s’est élargi à d’autres secteurs du bati : terrasses-jardins, façades végétalisées, dalles, murs intérieurs, et plus récemment toitures biosolaires. Sophie y décrit la force d’un travail collectif.

Ensemble, on est plus costauds, plus intelligents, plus inventifs. Et surtout, on parle au nom d’un collectif.


Une seule toiture, plusieurs problèmes résolus

Sophie insiste sur la synergie des bénéfices d’une toiture végétalisée.

Une toiture classique peut grimper jusqu’à 70 ou 80°C en plein été. Alors qu’une toiture végétalisée bien conçue fait baisser la température ambiante de plusieurs degrés, entre autre, grâce à l’évapotranspiration des plantes.

Ces mêmes toitures captent, retardent et régulent le débit des eaux de pluie. Elles soulagent également des réseaux d’assainissement de plus en plus sollicités par les épisodes de pluie intense.

Concernant la biodiversité, l’effet est parfois inattendu. Au bout de quelques années, jusqu’à 70 % des espèces présentes sur une toiture végétalisée sont arrivées spontanément.

Sans oublier, d’autres bénéfices pour le bâti : l’isolation thermique hiver comme été, l’absorption acoustique, la purification de l’air, et la protection de la membrane d’étanchéité, préservée des UV, de la grêle et des cycles de dilatation.

Au lieu de répondre à une problématique, la végétalisation répond à plusieurs à la fois.


Les outils gratuits pour passer à l’action

L’Adivet met à disposition plusieurs ressources.

Le Green Roof Score permet d’évaluer un projet de végétalisation selon quatre grands services écosystémiques et de recevoir des recommandations personnalisées pour l’améliorer.

L’association propose aussi des recommandations rédactionnelles pour aider les collectivités à intégrer la végétalisation dans leurs plans locaux d’urbanisme, justifications techniques et exemples concrets à l’appui.

Un guide dédié aux toitures biosolaires vient compléter ce dispositif, pour aider à concevoir des toitures qui combinent végétalisation et production photovoltaïque.

Cette approche est encore marginale en France alors qu’elle est bien plus développée en Allemagne et en Autriche.


Le retard français, et une alerte à ne pas négliger

La France installe environ 2 millions de m² de toitures végétalisées par an, contre 8 à 9 millions en Allemagne.

Sophie explique cet écart par une culture environnementale plus ancrée chez nos voisins germaniques, des obligations réglementaires plus fortes dès la construction, et des dispositifs d’incitation financière plus systématiques.

La réglementation française a pourtant évolué ces dernières années.
Une part croissante des toitures neuves ou fortement rénovées doivent intégrer un procédé de production d’énergies renouvelables ou un système de végétalisation.

Mais la transposition envisagée de la Directive Européenne sur la Performance Energétique des Bâtiments (DPEB) risque de faire pencher cette obligation vers les technologies solaires, en excluant par conséquence la végétalisation.

Pour Sophie, ce serait une erreur stratégique et avec l’Adivet, elle le fait savoir.

On risque de se priver d’une solution prouvée, alors même que d’autres directives européennes, sur l’eau, sur la nature, nous demandent explicitement de nous appuyer sur des solutions fondées sur la nature.



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