Nous sommes heureux de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Daily Green – La Nature en ville enregistré en live depuis le Salon du Végétal à Angers en septembre.

Notre invité est Steven Courtois, responsable de l’arbre et de la canopée à la Ville d’Angers. Il est entré comme jardinier en 2008 et est aujourd’hui aussi adjoint à l’écologie dans une petite commune. Cet Angevin de naissance connaît donc aussi bien le terrain que le langage politique.

Angers vient d’être distinguée pour la cinquième fois première ville verte de France par l’Observatoire des Villes Vertes porté par l’UNEP, les Entreprises du Paysage et Hortis. Un titre qui ne doit rien au hasard.

Avec Steven, nous avons parlé de :

  • Comment une ville construit une identité végétale sur plusieurs décennies et plusieurs majorités politiques.
  • Pourquoi la transversalité entre services (voirie, bâtiments, aménageurs) évite que l’arbre soit le dernier servi dans les projets.
  • L’eau de réemploi qui sert à arroser les jeunes arbres sans toucher à l’eau potable.
  • Les outils concrets pour décider où planter en priorité.

Bonne écoute !


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La nature en ville comme héritage et comme stratégie

Steven Courtois l’affirme, si Angers est une ville verte, c’est grâce à une accumulation de choix, de génération en génération.
Et aucun élu, de gauche comme de droite, n’a cherché à le remettre en cause.

Ce qui a changé, c’est la façon d’organiser et de piloter cette ambition.
Avec son service, Steven organise son travail en trois temps : préserver l’existant, accompagner les grands projets urbains et planter dans le diffus.
Ce sont ces petits espaces du quotidien où un arbre peut changer un carrefour, une rue, un quartier.

On ne plante pas un arbre pour 10 ans, on plante pour 50, 60, 70, 80 ans. Parfois plus longtemps que la rue, parfois plus longtemps que le bâtiment.


L’eau, la sécheresse et l’exemplarité

L’année 2022 marque un tournant. Les arrêtés préfectoraux interdisant l’arrosage et les sécheresses successives ont obligé la ville à revoir entièrement sa gestion de l’eau.

Aujourd’hui, Angers récupère les eaux de lavage de ses piscines et de sa patinoire pour arroser les jeunes arbres. Elle demande aux entreprises prestataires d’utiliser les eaux usées traitées plutôt que l’eau potable.

Il reste encore beaucoup à faire : mailler le territoire en points de récupération, équiper les nouveaux bâtiments publics de cuves dès leur conception. Mais selon Steven Courtois, la direction est claire.


Convaincre, expliquer, embarquer

Auprès des élus, Steven apporte des données, des cartes, des arguments. Auprès des habitants, il faut aller plus loin : expliquer pourquoi on supprime une place de parking, pourquoi on laisse des branches au sol dans un boisement, pourquoi le bois mort est une bonne nouvelle pour la biodiversité.

L’objectif : que l’habitant se dise « la ville travaille pour moi, et surtout pour les suivants ».

Pour guider les priorités de plantation, Angers s’appuie sur plusieurs outils, notamment une carte des îlots de chaleur urbains et un croisement de données sociales (présence d’écoles, de maisons de retraite, revenus des habitants, accès à un jardin privé).

Ce croisement produit une carte des carreaux prioritaires. Un outil que Steven Courtois recommande à toute collectivité, même modeste, pour construire une feuille de route végétale solide et défendable.

Nous avons parlé également de la règle du 3-30-300 et du PLU d’Angers, qui impose un arbre pour cinq places de stationnement.

Cet épisode s’adresse aux élus, aux techniciens de collectivités, aux paysagistes et aux urbanistes, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui s’intéressent à la végétalisation des villes et à l’adaptation au changement climatique.


Retrouvez toutes les informations sur la politique “Nature en ville” d’Angers sur le site Destination Angers .

Merci au Salon du Végétal d’avoir permis l’enregistrement de cet épisode.


→ Écouter l’épisode sur votre plateforme d’écoute


Nous espérons que cet épisode vous aura donné envie de regarder différemment les arbres de votre rue et les espaces de nature. La ville verte ne se décrète pas : elle se construit, projet après projet, génération après génération, arbre après arbre.

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