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Bonjour,
On est heureux de vous retrouver pour cette nouvelle saison du Podcast.
Nous avons le plaisir d’accueillir Simon Givelet, architecte, chercheur et cofondateur du collectif d’architecture Zerm et de Saison Zéro.
Depuis plusieurs années, avec son équipe, ils occupent, testent et prennent soin de bâtiments existants plutôt que d’en construire de nouveaux, à commencer par l’ancien monastère des Clarisses à Roubaix.
Simon se définit comme quelqu’un qui préfère « tester » plutôt que « prévoir » : pour lui, on ne peut pas prédire les usages d’un lieu à l’avance, il faut d’abord les expérimenter, les vivre.
Avec Simon, nous avons parlé de :
- Comment un collectif de jeunes architectes réactive un monastère de 6 600 m², vide depuis 11 ans, avec peu de budget.
- La façon dont son équipe habite le bâtiment de manière frugale, sans chauffage central, en réhabilitant les arts décoratifs comme outils thermiques
- Le rôle du jardin et du cloître comme cœur du site, entre les briques austères et l’abondance du vivant
- La réhabilitation comme démarche sociale et affective, pas seulement technique.
Bonne écoute !!

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Un monastère comme laboratoire de frugalité
On parle de sa triple casquette : architecte, chercheur et enseignant, toujours les mains dans les gravats, entre théorie et terrain. Il résume bien sa démarche en racontant l’arrivée dans le bâtiment :
« on est venus dans ce bâtiment comme quand tu vas faire du camping ou du bivouac dans la forêt, tu vas regarder où c’est mieux pour mettre ta tente ».
De la friche sans eau ni électricité à un site qui s’autofinance aujourd’hui, Simon raconte comment son équipe a testé des usages, un par un, avant de les traduire en un vrai programme pour la ville.
Pour lui, gérer ce type de projet, c’est accepter de « commencer à faire des choses sans forcément savoir où on arrive », loin des études de faisabilité spéculatives classiques.
Accélérer l’usage, pas seulement planifier le programme
Simon, et son équipe ne voulaient pas seulement « réhabiliter » un bâtiment au sens technique, ils souhaitaient redonner une pertinence à un lieu et à ceux qui l’habitent.
Auberge de jeunesse, ateliers, salle de sport, espace de libre parole pour les femmes du quartier, ruches, potager : le monastère devient un laboratoire d’usages en cascade au cœur même de la ville de Roubaix.
Il explique avoir « dépensé très peu d’argent par mètre carré », autour de 90 euros, pour pouvoir se tromper sans grand risque et ajuster le programme au fil des tests.
Et surtout, il insiste sur le fait que ces choix ne sont pas qu’une question de moyens :
On dépense aujourd’hui 24 kWh par m² par an, quand le label BBC en rénovation commence à 80.
« La ville est déjà construite » : frugalité, énergie et vivant
On parle aussi des coulisses d’un tel projet : convaincre les pompiers, dialoguer avec l’architecte des bâtiments de France, inventer des protocoles pour un site inscrit aux monuments historiques.
À propos de l’architecture moderne, il lâche cette phrase qui résume bien son diagnostic : « L’architecture moderne, c’est presque une anomalie au plan énergétique, dans les siècles d’architecture qu’on a produits avant ».
Mais surtout, Simon partage ce que le jardin et le cloître lui apprennent sur le rapport au vivant en ville : un espace où « on n’a plus trop l’impression d’être en ville », entre abeilles, canards et grands arbres.
À travers son enseignement à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, il questionne aussi ce que signifie former des architectes aujourd’hui : « On ne donne pas forcément les outils pour, in fine, faire son propre chemin ».
Et il résume sa vision du métier en une phrase : « Ce n’est pas le programme qui crée l’usage, mais l’usage qui crée le programme ».
Retrouvez toutes les informations sur le monastère des Clarisses et l’association Zerm, le collectif d’architecture
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Nous espérons que cet épisode vous a plu et qu’il vous a convaincu d’une chose : on peut réhabiliter un bâtiment abandonné sans grand budget, en misant sur le test, l’usage et le lien social plutôt que sur la planification à distance. Il n’y a rien de facile mais Simon et son équipe nous montre que c’est possible !!
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Prenez soin de vous !





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