#153 – De la forêt qui brûle, aux essences qui tiennent !

Bonjour,

Les villes changent, mais les étés se ressemblent, tout en s’intensifiant.

Quand les thermomètres frôlent les 40 °C et que les forêts ainsi que nos chers arbres urbains prennent des couleurs d’automne en août, une question s’impose : quels végétaux tiendront encore à ces températures ?

Dans cette nouvelle édition, intéressons-nous à ce sujet qui redessine en profondeur le rapport au paysage urbain.

Du dépérissement des forêts françaises aux outils les plus récents pour choisir les bonnes essences, nous vous proposons cette semaine un tour d’horizon pour comprendre et agir.

Bonne lecture !


Coup d’œil rapide sur l’édition

  • Quand la canicule redessine nos forêts et le patrimoine arboré urbain
  • La recherche mise sur les espèces locales
  • La palette végétale : choisir les bonnes espèces

Le partenaire de cette édition

Le Salon du Végétal se tient du 15 au 17 septembre 2026 à Angers.

Distributeurs, paysagistes, aménageurs, prescripteurs ou chercheurs : si le végétal est au cœur de votre métier, c’est le rendez-vous à ne pas manquer.



Un lieu de rencontres et de business pour toute la communauté du végétal. Toutes les infos sur le site du Salon du végétal.


Quand la canicule redessine les forêts et le patrimoine arboré urbain

À mesure que les étés s’intensifient, le végétal change radicalement de statut. Il ne s’agit plus seulement d’embellir les villes, mais de savoir quelles plantes et quels arbres résisteront à des températures de plus en plus extrêmes.



Les effets sont déjà visibles partout en France : dépérissement des forêts, brûlures sur les feuillages, sécheresses répétées qui fragilisent des écosystèmes entiers.

En 2019, l’ONF recensait déjà 300 000 hectares de forêts publiques fragilisées ou mourantes (30 fois la superficie de Paris), avec des taux de mortalité parfois multipliés par trois selon les essences.



À l’été 2025, des forêts d’Occitanie présentaient des couleurs automnales dès le mois d’août. Des forestiers parlent d’arbres « en stress permanent », et certains feuillus de Haute-Garonne portaient des traces de brûlures directement causées par les températures extrêmes.



Le signal est clair : la question n’est plus de savoir si le climat change, mais comment nos paysages vont s’y adapter.


Freepix

La recherche mise sur les espèces locales

Face à cette nouvelle réalité, la recherche scientifique s’oriente vers une piste prometteuse : les espèces endémiques et les végétaux naturellement adaptés aux climats arides.



Une vaste étude internationale, coordonnée par l’INRAE et le CNRS a récemment montré que les plantes des zones arides développent une diversité de stratégies d’adaptation bien plus importante qu’on ne le pensait (renforcement des tissus, racines profondes, concentration en sel pour limiter la transpiration).

Loin d’uniformiser le vivant, les milieux secs produisent une richesse fonctionnelle exceptionnelle. Cette découverte pousse les professionnels du paysage à reconsidérer les espèces méditerranéennes, pionnières et endémiques.



En Nouvelle-Aquitaine, l’OBV recommande déjà des palettes végétales ancrées dans les réalités locales : chêne pédonculé, cornouiller sanguin, fusain d’Europe, aubépine monogyne, noisetier ou sureau noir.



L’objectif est d’éviter des plantations standardisées mal adaptées aux futures conditions climatiques et de limiter les risques liés aux espèces exotiques envahissantes.


La palette végétale : choisir les bonnes espèces

Dans les projets d’aménagement urbain, le choix des espèces devient un enjeu de long terme. Sécheresse, sols pauvres, chaleur réfléchie par les façades, vents chauds : les contraintes s’accumulent et la question n’est plus seulement de planter, mais de sélectionner des végétaux capables de tenir.



Des espèces longtemps marginalisées dans certaines régions font leur retour : le micocoulier, le mûrier platane, l’amandier, le grenadier ou encore certains chênes méditerranéens réapparaissent progressivement dans les projets urbains.

Pour guider ces choix, plusieurs outils se sont développés ces dernières années:



– Sésame (CEREMA) : aide les collectivités à choisir « le bon arbre au bon endroit » parmi 400 essences étudiées pour leur adaptation au changement climatique.



– Plantons local en Occitanie, le guide recense plus de 600 espèces sauvages locales classées par aires biogéographiques, avec un moteur de recherche permettant d’accéder aux essences selon sa propre zone géographique.



– Végétal local : le label garantit l’origine sauvage et locale des végétaux utilisés, en assurant la traçabilité génétique à travers 23 régions biogéographiques françaises.

À ces ressources, s’ajoute un nouvel outil : un guide pratique dédié à la plantation en milieux urbains contraints. Une cartographie des enjeux, des conseils pratiques et des retours d’expérience couvrant six étapes clés : lecture du site, sols et substrats, choix des plantes, sourcing, mise en œuvre et gestion dans le temps.

Il sera distribué en exclusivité lors du Salon du végétal, dont Daily Green est partenaire média, avant d’être disponible en version numérique après l’événement.

Cette liste n’est pas exhaustive et mérite d’être enrichie ; n’hésitez pas à commenter ou à nous laisser un message si vous voulez l’agrémenter.

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