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Un parcours entre botanique, paysage et engagement politique

Paysagiste concepteur et botaniste depuis 13 ans, Nicolas ne rentre dans aucune case.

Formé à l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux, il passe par le Jardin Botanique de Bordeaux.
Aux côtés de Philippe Richard, le conservateur général, et Dominique Vivand, le directeur adjoint, il travaille sur l’intégration de la biodiversité végétale dans les documents d’urbanisme tels que le PLU.

Ensuite il rejoint Gilles Clément & Coloco, avant de fonder son Atelier NDF avec une conviction profonde : nous sommes le paysage.

Aujourd’hui, il est aussi adjoint au maire de Ferrières-en-Gâtinet, en charge du cadre de vie et de la transition écologique. Avec la conviction, que regarder, le problème de l’autre côté de la barrière ne suffisait plus

Dans cet épisode, Nicolas nous parle avec une franchise. Il démonte les préjugés sur les mauvaises herbes, les espèces invasives, la palette végétale. Il nous rappelle que le vrai responsable du déclin de la biodiversité, c’est nous. Et que sans argent, sans ambition politique, même les meilleures idées seront vouées à rester sur le papier.

Le végétal urbain, entre science et réalité du terrain


Nicolas a passé des années à travailler sur les friches et les délaissés urbains à Bordeaux. Sa conviction : ces espaces que l’on dit « vides » ne le sont jamais. Ils sont remplis d’usages informels, de végétal spontané, de vie.

La mauvaise herbe qui pousse dans un trottoir n’est jamais un problème esthétique, c’est un signal, un indicateur. Et donc avant d’agir, on se doit d’apprendre à lire ce que le vivant raconte.

« C’est jamais vide. C’est rempli d’usages peut-être informels ou plus poétiques, mais en tout cas c’est pas vide. »

Le végétal n’est pas un mobilier, encore moins sur le PLU

Encore aujourd’hui dans beaucoup de projets, on place un arbre sur un plan comme on placerait un banc. On l’illustre simplement par un rond sur AutoCAD.

Nicolas vient de la biologie végétale et quand il arrive sur un site, il regarde d’abord ce qui pousse. Le végétal raconte le sol, la fréquentation, l’histoire du lieu.

Et avec le dérèglement climatique qui s’accélère, ce qui est local aujourd’hui ne le sera plus dans vingt ans.

« Comment peut-on figer dans un PLU une palette végétale qui évolue plus vite que ces documents ? On ne s’autorise pas assez l’expérimentation. »

La réalité économique et politique du métier

Si ce concepteur paysagiste est engagé, c’est aussi et avant tout un entrepreneur depuis plus de dix ans.

Et il a appris à faire face aux logiques économiques du métier. Au début, il arrivait en réunion avec ses papillons et ses plantes indigènes, avec l’espoir de sensibiliser ses interlocuteurs aux enjeux de biodiversité…Il perdait à coup sûr.

Aujourd’hui, il parle d’abord foncier, valorisation, retour sur investissement. Et si le papillon et la biodiversité s’invitent dans l’équation, c’est pour lui une victoire.

Selon lui, cela n’a rien selon lui d’une compromission. C’est de la stratégie, car sans argent, même le meilleur manifeste du monde ne sort jamais de terre.

« J’ai compris qu’il faut d’abord parler au portefeuille. Et si c’est positif pour le papillon et la plante, j’ai gagné. »

Le responsable, c’est nous. Point.

Dans cet épisode, on a parlé de :

  • Et pourquoi les seuls responsable du déclin de la biodiversité, c’est nous
  • Pourquoi une friche urbaine n’est jamais vide, elle est remplie d’usages invisibles
  • La mauvaise herbe comme miroir politique de notre société
  • Comment convaincre un promoteur en parlant d’abord au portefeuille, et ensuite au papillon
  • Le dérèglement climatique redessine la palette végétale plus vite que nos documents d’urbanisme
  • La réglementation qui étouffe la liberté du concepteur paysagiste à petit à petit

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Nous avons parlé de :

  • Gilles Clément, paysagiste et botaniste de renommée internationale, fondateur de l’agence Coloco, auprès de qui Nicolas a travaillé plusieurs années
  • Philippe Richard, conservateur général du Jardin Botanique de Bordeaux
  • Dominique Vivand, directeur adjoint du Jardin Botanique de Bordeaux
  • Francis Hallé, botaniste et biologiste français, figure de la défense des arbres et des forêts primaires
  • Véronique Mure, paysagiste conceptrice engagée dans le paysage naturaliste
  • Magali Suinot, urbaniste spécialisée en urbanisme réglementaire, associée à l’Atelier NDF
  • Madonna : autrice-compositrice-interprète, danseuse, actrice, productrice de cinéma, réalisatrice et femme d’affaires américaine.